Lettre de l’avocat de Sébastien Ajavon à Patrice Talon: REACTION DE Me CHARLES BADOU

Pour Me Charles BADOU, le président de la République ne peut faire annuler les condamnations de Sébastien AJAVON. L’avocat qui représente l’Etat béninois, dans une interview accordée au quotidien « Le Matinal » en réaction à la lettre adressée par Me Antoine Vey, le conseil de Sébastien Ajavon, au président de la République, est on ne peut plus ferme: « Le chef de l’Etat est le chef de l’Exécutif. Il ne lui appartient pas de s’immiscer dans le cours d’une procédure ou dans un procès ». En clair, le principe de séparation des pouvoirs imposée par la Constitution béninoise ne permet pas au Chef de l’Etat d’interférer dans une procédure judiciaire. Selon l’avocat, « le rôle du chef de l’Etat n’est pas de dire le droit à la place des juges ou de forcer la main aux juges pour que le droit soit dit. Le chef de l’Etat est toujours respectueux de son rôle constitutionnel en ne s’immisçant pas dans le fonctionnement de la justice ».

Charles Badou estime que c’est « une méprise » que de demander au Président de la République, Patrice Talon d’intervenir pour annuler la condamnation d’un citoyen béninois.

Pour rappel, dans le courrier adressé au président de la République, il y a à peine quelques jours, Me Antoine Vey tout en critiquant ce qu’il appelle le « recul des libertés publiques sans précédent» au Bénin, avait demandé à l’Etat béninois de faire annuler la condamnation de son client. « En tant que garant de la constitution, il vous appartient de faire mettre votre pays en conformité avec la loi fondamentale qui le régit: le Bénin doit appliquer les décisions de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples dont-il a ratifié la convention. La condamnation de M. Ajavon doit être annulée », peut-on lire dans cette correspondance.

A en croire, l’avocat français, Sébastien Ajavon et bien d’autres personnalités seraient victimes d’une « cabale politico-judiciaire ». L’homme d’affaires qui est sous le coup d’un mandat d’arrêt international, avait été condamné en 2018 par la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme (CRIET) à 20 ans de prison pour trafic de drogue. Depuis 2018, il séjourne en France.

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